Les Seigneurs De
LAUNAY-MOREL
Les Familles

[ de lignières ]
[ d'orenges ] [ du bellay ]
[ de malnoë ] [ de la paluelle ]
[ de marcillé ]
[ du boisbaudry ] [ gouyon_1 ]
[ gouyon_2 ] [ armorial ]

Launay-Morel,
bien national. *
Prisage et vente du mobilier du château.
*
Affermage retenue de Launay-Morel.
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Vente métairie de Launay-Morel.
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Vente château de Launay-Morel.
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Affaire des enfants Gouyon, suite.
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Vente du château sur folle enchère.
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L’affaire de Launay-Morel.
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Restitution. * |
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Launay-Morel,
bien national. [table]
Les biens
ecclésiastiques, ceux des établissements de charité, des émigrés et
condamnés, devinrent comme on le sait, biens nationaux ; les immeubles
furent confisqués ainsi que les revenus.
Prisage et vente du
mobilier du château. [table]
Le 24 thermidor an 2 (11 août
1794) le district de Dol fit procéder à l’inventaire et prisage des
biens meubles et effets mobiliers des époux Gouyon-Vaucouleurs, au
château de Launay-Morel.
Cet état fut dressé par Jean
Baptiste Lecoufle l’un des administrateurs du directoire de Dol nommé
commissaire a l’effet de procéder à l’inventaire assisté de Georges
Haslé maire de Roz, Louis Duchemin commissaire de la municipalité de Roz
et Guillaume Gallouin priseur demeurant à Roz. Le montant des biens
meubles et effets est estimé 1001 livres 5 sols.
Lors du prisage de ces biens,
Alexis Janne fermier dudit lieu a déclaré qu’il a aux fins de sa ferme
onze pièces de bestail qui sont a " my croist " ou moitié a savoir un
taureau coupé ou franchy et deux vaches de trois ans, deux taureaux et
une génisse de deux ans et cinq veaux de l’année. en conséquence ils ont
été laissés à sa garde le chargeant d’en avoir soin.
Par ailleurs, il existe chez
Françoise Gérard à Monclaye une vache à poil rouge marquée en tête
estimée 110 livres, et chez Louise Rouxel du même village une mère vache
pareillement prisée 110 livres, lesquelles vaches ayant également été
laissées en possession des dites Gérard et Rouxel a charge de les
représenter au premier réquisitoire pour être vendues.
Les 2 et 3 et 4 brumaire an 3 (23
octobre 1794) eut lieu la vente des biens ci-dessus prisés pour un
montant de deux mille six cent quarante six livres dix neuf sols. (2646
L. 19 S.)
Lors de cette vente ou s’étaient
déplacés des revendeurs venant de Port Malo, la boiserie de l’autel de
la chapelle fut vendue à Louis Duchemin pour 20 sols, un grand tableau
sur trépied fut adjugé à la municipalité de Roz sur Couesnon pour 3
livres 5 sols.
Créances des époux Gouyon de Vaucouleurs, arrêtées
par le directoire du district de Dol le 12 brumaire an 4.
Inventaire des pièces déposées au secrétariat du district de Dol par les
créanciers de Jean Servais Gouyon émigré et Adélaïde de Boisbaudry son
épouse.
En émigrant, les époux Gouyon
laissèrent derrière eux de nombreuses créances impayées. Beaucoup sont
des dettes de fournitures et d’équipement impayés mais aussi des
emprunts dont certains pour lesquels on peut se poser la question de
savoir si ce n’était pas pour préparer leur départ, l’emprunt d’un
pistolet n’est pas anodin.
Ces créances furent présentées au
district de Dol pour être payées sur les biens des émigrés.
Sur celles retenues nous
trouvons :
Au citoyen Carton ex religieux :
1200 livres prêtées en espèces sonnantes, à rendre en mêmes espèces ou
1500 livres en assignats le jour Saint Michel 1792 ; En cas de défaut de
remboursement à cette date, il serait versé une rente viagère de 200
livres.
Fait sous seing privé à Pontorson
le 25 septembre 1791.
Signé François Gouyon lieutenant
de vaisseau du roi, Adélaïde de Boisbaudry de Gouyon.
A Jeanne Serel et Pierre Marie
Morin homme de loi à Pontorson, un billet obligataire de 455 livres 17
sols consenti le 6 mars 1792 par Adélaïde de Boisbaudry. Enregistré à
Dol le 2 novembre 1792.
Au citoyen Craignon, apothicaire,
à Pontorson, une créance de 81 livres 17 sols.
A Gabriel Rouilly, chirurgien, une
créance de 271 livres 10 sols pour traitements et médicaments.
A Gervais Pierre Sorel, notaire,
et François Sorel son frère, 40 livres 13 sols 6 deniers pour sentence
du 10 mars 1792. En outre, il déclare avoir prêté un pistolet de poche
qu’il estime la somme de 36 livres.
A Hugues Legarond, marchand à
Dinan, 199 livres 7 sols 9 deniers pour marchandises fournies.
A Pierre Durand, tailleur à Dinan,
20 livres pour ouvrage et fournitures.
A Timothée Vaugand, maréchal à
Pontorson, 48 livres 19 deniers pour ferrure et pansements faits aux
chevaux du dit Gouyon.
Au citoyen Julien Harivel de
Fougères, 1404 livres pour des vins qu’il lui a vendu, mémoire arrêté au
15 mars 1791.
Sont retenus pour solde de vin
fourni par ce dernier, 994 livres.
A Gilles Tiercelin de Saint
Georges de Gréhaigne, le 4 novembre 1790, 350 livres portant intérêt à 6
livres par an avec promesse de payer à Pâques prochain.
A Jacques Robert pour trois années
de gage domestique, 135 livres de gage à raison de 45 livres par an, 365
livres pour gardage des effets mobiliers depuis l’émigration de Gouyon à
raison de 20 sols par jour et pour un an.
Affermage retenue de
Launay-Morel. [table]
Appartenant au gouvernement comme provenant de l’émigration d’Adélaïde
du Boisbaudry femme du sieur Gouyon, la retenue de Launay-Morel fut
confisquée et mise en adjudication le 12 nivôse an 3 (1er
janvier 1795), à 11 heures du matin, à la salle des séances du district
de Dol, devant Julien Plainfossé, Pierre Charles Lepoitevin et Ange
Marie Morault administrateurs du Directoire, Thomas Jacques Corbinais
agent national et Jean Baptiste Onfray enregistreur du bureau de Dol. Le
prix de l’adjudication sera payable aux termes de la loi du 16 brumaire
c’est à dire en nature en deux termes égaux.
Trois candidats étaient présents :
Jean Bigot, Jean Marbou et Alexis Jannes. Ce dernier ayant surenchéri au
3ème feu pour 390 francs, il obtient l’adjudication au 4ème
feu personne n’ayant remit d’enchères. Sa caution fut Daniel Chambron
demeurant au Mont-Dol.
La retenue est donc affermée par
le district de Dol au citoyen Alexis Jannes qui a déclaré bien connaître
la terre, pour un bail de six ans qui commence le 1er
vendémiaire suivant et finit le 1er vendémiaire an 10. Alexis
Jannes et son épouse Marie Auvray ayant déclaré que les propriétaires en
jouissaient avant 1791 époque à laquelle ils ont consenti un bail sous
seing privé le 5 octobre 1791 aux dits Jannes.
Sur sa réquisition un état des
lieux fut établi pour dresser procès-verbal devis estimatif des
réparations à effectuer au château, logement et terres en dépendant.
Procès-verbal établit par Jean François Escallot notaire à
Roz-sur-Couesnon, François Gillet couvreur en ardoises et entrepreneur
d’ouvrages en bâtiments demeurant à La Poultière, expert de
l’administration municipale de Roz-sur-Couesnon, Pierre Roblaine maçon
et entrepreneur d’ouvrages demeurant au Val Saint-Revert expert pour
Alexis Jannes, en présence de Joseph Durand agent municipal. Cet état
des lieux du 3ème jour complémentaire an 4 (19 sept 1795)
nous décrit des lieux déjà fort décrépis, le montant des estimations des
travaux à entreprendre pour remettre la retenue en état se monte à 4925
francs 10 sous.
Les bâtiments étant restés à
l’abandon plusieurs années, soumis aux déprédations, il n’y a plus de
carreaux, plus de serrures. Toutes les portes et fenêtres sont à
refaire, la toiture s’écroule et l’eau s’infiltre partout dans le
bâtiment. Les douves sont en partie comblées, la chapelle est dévastée
et on juge inutile de la réparer.
Vente métairie de
Launay-Morel. [table]
Le 15
prairial an 4 (3 juin 1796), le fermier de la métairie est Julien Bigot,
bail en date du 3 août 1791, pour 1300 livres, notaire Sorel à
Pontorson.
Le 17 germinal an 6 (6 avril 1798)
le citoyen René Marie Pinoul notaire à Dol, expert nommé par
l’administration du département d’Ille et Vilaine, assisté de Pierre
François Loisel commissaire du directoire exécutif, procède à une
estimation de la métairie sur la base du revenu de 1790, et en capital à
20 fois le revenu.
Après avoir examiné l’état des
bâtiments, les matières et leur construction, leur longueur, largeur et
hauteur, leur emplacement, clôture et accès, durant trois jours, le
revenu annuel de la métairie sur la base de 1790 est estimé à 1199
francs soit une valeur en capital au vingtième de 23980 francs.
Terres : |
Superficie : |
Nature : |
Revenu en 1790 : |
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La maison et logement |
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60 |
Les cours jardins et
chènevières |
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Le courtil de la
Rabine |
environ 60 c |
|
15 |
Le Domaine de
Launay-Morel |
environ 14 j |
terre labourable, pré
planté de pommiers |
280 |
La prairie au midi du
jardin |
environ 5 j |
|
100 |
La pièce des Champmain |
environ 7 j |
plantée de pommiers |
145 |
Le Petit Champmain |
environ 100 c |
terre |
20 |
Les Hauts de Launay |
environ 6 j |
terre labourable et
jannais |
60 |
Le Bois taillis des
Chevaux |
environ 4 j |
bois taillis |
40 |
Le Clos Hervé |
environ 10 j |
terre labourable
plantée de pommiers |
200 |
La pièce de la
Chesnaye |
environ 5 j |
terre labourable |
90 |
La pièce du Brulay |
environ 7 j |
Plantée de pommiers et
poiriers |
75 |
La Grande Lande, la
lande du Seuil, et les Petits Prés |
environ 10 j |
Se joignant
divisés par des petits fossés |
60 |
La lande de la Boulais |
environ 3 j |
|
18 |
La pièce des Closseaux |
environ 2 j |
labour plantée de pommiers |
36 |
|
|
|
|
|
environ 76 j |
|
1199 |
La
métairie fut alors mise en vente comme bien national et mise en
adjudication à Rennes le 26 floréal an 6 (15 mai 1798). L’estimation en
était de 23980 et la mise à prix 17985 francs.
Six enchérisseurs étaient
présents, Mrs Duval, Lécrivain, Devaliez, Reguer et Laumailler. Au
sixième feu, la métairie fut adjugée à Mr Laumailler pour 30 000 francs.
Mr Laumailler demeurant à Rennes
déclare faire et agir pour Renée Françoise Thomasse Gouyon demeurant à
Pleudihen.
La retenue de Launay-Morel fut
affermée à Pierre Auvré qui la sous afferma, par acte du 5 vendémiaire
an 13 (27-09-1804), à Jean Bigot et Marie Lecompte sa femme.
Vente château de
Launay-Morel. [table]
Le 19
prairial an 7 (7 juin 1799), Charles Louis Villalard, notaire demeurant
à Dol, expert nommé par l’administration du département, assisté de
Pierre François Loisel commissaire du directoire exécutif près de
l’administration municipale de Saint-Broladre, procède à l’estimation du
revenu des château, retenue et dépendances de Launay-Morel, sur la base
du revenu de 1790, et en capital à 20 fois le revenu.
Le château de Launay-Morel,
retenue et dépendances situés sur la commune de Roz sur Couesnon,
" Domaine confisqué sur la Boisbaudry femme de Gouyon, émigrée ", est
estimé valoir en revenu annuel la somme de 650 francs, lequel revenu
multiplié vingt fois donne un capital de 13 000 francs.
Le 26 messidor an 7 (14 juillet
1799) le château de Launay-Morel fut mis en vente pour une mise à prix
de 5200 francs mais la vente fut suspendue attendue qu’il devait y avoir
une visite des agents forestiers.
Le 6 thermidor an 7 (24 juillet
1799) deux agents forestiers venus d’Antrain vérifient si les bois qui
dépendent de la terre et retenue de Launay-Morel sont susceptibles
d’être réservés et vendus séparément. Ayant visité le bois de Launay
ainsi que le bois du Breil, ils n’y ont trouvé que de " jeunes
renaissances " de trois à quatre ans, le fermier du lieu en ayant fait
l’exploitation comme faisant partie de sa ferme. Ils en concluent que le
fonds est aliénable sans réserve de coupe.
Le 28 thermidor an 7 (15 août
1799) eut lieu la vente du château mis à prix 5200 francs ; Au 1er
feu un sieur Duval met l’enchère à 5225 francs. N’ayant pas de
surenchère aux 2ème, 3ème et 4ème feu, le château est adjugé
au sieur Duval demeurant à Rennes qui déclare agir pour le citoyen
Laumailler procureur de Jeanne Renée Lefeuvre épouse d’Adrien Jacques
Pierre Aupoix de Mervilly représentée par la citoyenne Gouyon leur
procuratrice.
Certificat de l’enregistrement.
" Le citoyen Laumailler procurateur de la citoyenne Gouyon faisant
pour la citoyenne Lefebvre femme Aupoix a ce jour compté au département
la somme de cent quatre vingt trois francs dix centimes pour demi pour
cent, enregistrement timbre et frais d’estimation de la maison de
Launay-Morel située à Roz sur Couesnon lui adjugée le 28 thermidor an 7
À Rennes le 13 brumaire an huit de la
république . signé Lebreton. "
Certificat du receveur du domaine.
" Je
soussigné receveur du Domaine national au bureau de Rennes, reconnaît
avoir reçu, par les mains du sieur Laumailler, notaire à rennes, de la
citoyenne Lefebvre, femme Aupoix, la somme de quatre cent vingt sept
Francs quatre vingt dix huit centimes, représentée par celle de quatre
cent trente trois livres six sols huit deniers, premier / 12ème
de 5200 F mise à prix de son acquisition de la maison et
dépendances de Launay-Morel en Ros sur Couesnon provenant de l’émigrée
Gouyon, lui adjugée le 28 thermidor an 7, au département d’Ille et
Vilaine, pour la somme de 5225 F.
Rennes le 29 brumaire an huit, signé Guinguené. "
Affaire des enfants
Gouyon, suite. [table]
Vente du château sur
folle enchère. [table]
Le
notaire Laumailler avait acquit pour les enfants Gouyon la maison de
Launay-Morel. Madame Mervilly leur aïeule lui ayant remis les fonds pour
les droits et le 1/6 du prix.
Le reste n’ayant pas été versé
dans les délais prescrits par la loi, les acheteurs furent déchus et la
revente à folle enchère à été affichée pour le 18 fructidor an 8. (5
septembre 1800).
Laumailler agissant pour la
grand-mère des enfants et la municipalité de Roz sur Couesnon préoccupée
du sort de ces mêmes enfants vont chacun de leur côté entamer des
démarches afin de leur assurer leur avenir ;
Lettre mademoiselle Gouyon à Laumailler, 10 fructidor an 8 (27 août
1800).
" Monsieurje résu votre lettre don je vous fes tous les
rémerciements pour madame de Mervilly, je sui de c’est jour isi arivé de
la haute normandi pour récevoir des fonds et payé pour le chateaux, mes
les personnes ches qui je deves prendre cet argan mê donne du rétar donc
je ne puis payé quâpres que les autre moron payé je vous prie de faire
pour madame de maervilly an mêttan un mot pour ôbténir quon à corde un
de lay pour passé à la vante les pauvre anfans pour qui on travaille on
tout perdu et non autre résource que ce bien dont il on déja donné un à
conte je vous prie mon de mêttre une pétition de van qui elle
doit etre mise pour ôbtenir une surcéance et sitô que que joré été payé
je mê rendré ver vous comme vous sàvés mon je né qune parole,
je vous tiendréz conte de toute vos peine et vaction pour madame de
Mervilly et mes neveux, vous prie mê crire toute de suite et aqui lon
sadresse pour obtenir du temps je vous sui mon votre tres
humble obéisante servante.
signé : Gouyon, à Pleudihen ce 10 fructidor "
Lettre Laumailler, conseil de préfecture, 12
fructidor an 8 (30 août 1800).
" Aux citoyens composant le conseil de préfecture du département
d’Ille et Vilaine.
J’ai acquis pour les enfants
Gouyon le château de Launay-Morel qui dépendait de l’émigration de leur
père. Madame Mervilly leur ayeule, m’a remis quelques fonds avec
lesquels j’ai acquitté les droits d’enregistrement, ceux attribués à
l’administration centrale et le premier sixième ; des circonstances
impérieuses ont empêché jusqu’a ce moment de payer le surplus du prix de
l’adjudication et le château de Launay-Morel doit être vendu à la folle
enchère du premier acquéreur le 18 de ce mois.
Citoyens, les motifs de
l’acquisition sont bien favorables des parents désiré sauver à deux
orphelins une ressource contre la misère.. ;Les fonds n’ont pas rentré
comme on l’espérait, faudra-t’il qu’on enlève à ces enfants l’espoir de
posséder la seule portion qui reste des biens de leur père et que pour
prix de ses soins Madame Mervilly ait à craindre d’être poursuivie pour
le paiement de la folle enchère.
Citoyens vous ne le
permettrez pas, vous nous accorderez un délai raisonnable pour payer ce
qui reste dû sur le principal et les intérêts, et vous concilierez ainsi
l’avantage du trésor Public et celui de deux enfants punis de la faute
de la faute de leur père et dont la situation affecte sûrement vos cœurs
sensibles.
Rennes le 12 fructidor an 8ème.
signé Laumailler. "
Note marginale :
"Lettre communiquée au directeur des
domaines nationaux pour avoir son avis le plutôt possible attendu
l’urgence, le 13 fructidor an 8.
Un sursis est accordé
jusqu’au 8."
Note marginale :
" Vu la pétition envoyée au
nom des enfants Gouyon.
Le Directeur du Domaine National considérant
que la loi d’après laquelle la vente dont il s’agit a été faite à limité
les termes des payements à faire et que la déchéance ou la folle enchère
est prononcée contre les acquéreurs en retard.
Estime qu’il y a lieu de dire que faute pour la
pétitionnaire d’avoir satisfait à leur obligation de payement sur la
vente dont il s’agit il sera procédé à la vente sur folle enchère ainsi
qu’elle est indiquée pour le 18 de ce mois.
Rennes le 16 fructidor an 8. "
Mairie de Ros sur Couesnon.
Au
mois de septembre 1800 Alexis Fauvel, maire de Roz sur Couesnon reçoit
une affiche annonçant la vente du château et retenue de Launay-Morel
sous les huit jours.
Il engage alors Monsieur Escalot
de Marcey à former une pétition pour réclamer conformément à la loi, cet
objet, pour les enfants Gouyon.
Par cette pétition, il réclame un
sursis a la vente de la retenue de Launay-Morel qui doit avoir lieu le
18.de ce mois a la préfecture, le pétitionnaire agissant comme tuteur
subrogé des enfants mineurs de Gouyon et femme, parents émigrés, réclame
pour les enfants attendu la déchéance encourue par l’acquéreur, la
propriété de la retenue seul bien qui reste de leur confiscation par
suite de l’émigration de leur père et mère.
Pétition Escallot de Marcey au Préfet (septembre
1800).
" Au citoyen Préfet du Département d’Ille et Vilaine.
Le citoyen Jean François
Escallot, cultivateur sexagénaire de la commune de Ros sur Couesnon,
expose que François de Gouyon et Adélaïde Boisbaudry sa femme laissèrent
en s’émigrant trois enfants en bas âge dont deux en nourrice dans la
commune de Roz sur Couesnon et l’autre en celle de Paramé ; Que touché
de compassion pour eux et surtout pour les deux qui étaient dans la
commune de Ros, il écrivit au ministre de l’intérieur pour tâcher de
leur procurer des pensions sur les biens de leur mère situés dans la
dite commune, que sa lettre, quoique signée de l’agent et de l’adjoint
de la dite commune, n’ayant eu aucun effet, il fit pour eux un sacrifice
et quoique chargé de huit enfants en bas âge, il leur fit faire chacun
deux vêtements ; qu’une tante paternelle de ces enfants les ayant
emmenés chez elle en la commune de Pleudihen et ayant témoigné sa
reconnaissance au pétitionnaire et son envie de faire du bien à ses
neveux et nièces au point d’avoir acheté pour eux la métairie de
Launay-Morel, la força à assembler douze citoyens de la commune de Ros
sur Couesnon pour les pourvoir d’un tuteur, ce qu’elle fit et fut nommée
et instituée tutrice de François, Adélaïde et Alexandrine de Gouyon ses
neveu et nièces et le pétitionnaire fut nommé et institué tuteur subrogé
des dits trois mineurs.
L’exposant instruit que la
citoyenne Gouyon a acheté la métairie de Launay-Morel en son nom privé
et même la retenue, malgré l’avertissement qu’il lui avait fait d’en
faire l’acquisition dans le nom de ses neveu et nièces et qu’elle est
déchue de son acquisition faute de payement et que la loi qui accorde
aux enfants des émigrés un tiers des biens réels de leurs pères et
mères, est aujourd’hui en vigueur, il est de son devoir comme tuteur
subrogé de ces pauvres et malheureux enfants de tenter les moyens de
pourvoir a leur subsistance, puisque leur tante et tutrice loin d’y
penser avait acheté pour elle et dans son nom tout le bien de leur mère.
En conséquence, il requiert
qu’il vous plaise citoyen Préfet ayant égard à l’exposé ci-dessus et de
l’autre part et vu ce qu’il en résulte, accorder aux dits François
Gouyon, Adélaïde et Alexandrine Gouyon enfants mineurs de François
Servais Gouyon et d’Adélaïde du Boisbaudry émigrés, la retenue de
Launay-Morel et dépendances situées en la commune de Ros sur Couesnon
seul bien qui reste de ceux confisqués par l’émigration de Gouyon et
femme leurs père et mère ; et en .... que ma demande souffrirait
difficulté, sursoir à la vente de cette retenue, fixée au dix huit
courant, pour lui donner le temps de faire les suites et démarches à ce
nécessaire.
signé Escallot."
Le sous Préfet de l’Arrondissement de Saint-Malo au
préfet du département d’Ille et Vilaine le 14 fructidor an 8 (.1er
septembre 1800).
"Citoïen Préfet.
Je vous transmet une
pétition que je viens de recevoir du citoïen Escalot habitant de la
commune de Ros sur Couesnon par laquelle il réclame un sursis a la vente
de la retenue de Launay-Morel en la même commune, qui doit avoir lieu le
18 de ce mois a la Préfecture, et dépendant de l’Émigration de François
de Gouyon et Adélaïde de Bois Baudry sa femme.
Le pétitionnaire agit comme tuteur subrogé des
enfants mineurs de Gouyon et femme.
Salut et Fraternité."
Séance du treize vendémiaire an 9 (5 octobre 1800),
conseil de la préfecture.
" Vu par le
conseil de préfecture du département d’Ille te Vilaine la pétition du
citoyen Laumailler en date du 12 fructidor an 8, enregistrée le 13 au
secrétariat de préfecture et celle de Jean François Escallot enregistrée
le 16 au même secrétariat. Le premier expose qu’il a acquit pour les
enfants Gouyon la maison de Launay-Morel qui dépendait de l’émigration
de leur père ; que Mme Mervilly ayeule de ces enfants, lui a remis
quelques fonds avec lesquels il a payé les droits d’enregistrement, ceux
attribués lors de la vente à l’administration centrale et le premier
sixième du prix : que les cinq sixièmes restant n’ayant pû être
acquittés au terme fixé par la loi, la revente à folle enchère a été
affichée pour le 18 fructidor an huit : il demande sursis et délai pour
solder principal et intérêts . Jean François Escallot , tuteur subrogé
de François Gouyon, d’Adélaïde et d’Alexandrine Gouyon, enfants mineurs
de François Servais Gouyon et d’Adélaïde du Boisbaudry émigrés, réclame
pour ces enfants, attendu la déchéance encourue par l’acquéreur, faute
de payement, la propriété de la retenue de Launay-Morel et dépendances,
située commune de Roz sur Couesnon, seul bien qui leur reste de ceux
confisqués par suite de l’émigration des père et mère. Il se fonde sur
l’article 7 de la loi du 12 ventôse an 8. Sa pétition est visée et
approuvée du citoyen Fauvel, Maire de Ros.
Vu la lettre du Sous Préfet
de l’arrondissement de Saint Malo en date du 14 fructidor an 8, qui
annonce au préfet du département l’envoi de cette dernière pétition.
Vu en marge de la pétition
du citoyen Laumailler l’avis du directeur du Domaine en date du 16
fructidor an huit et le sursis à la revente accordé par le préfet du
département :
Le conseil considérant qu’il
est également conforme aux vues du gouvernement et à l’esprit de la
législation sur les émigrés, d’accorder des secours à leurs enfants qui
sont dans le besoin ; que le maximum de ces secours parait déterminé par
la loi du 23 nivôse an 3, aux deux tiers du revenu net des père et mère
émigrés, sans pouvoir excéder douze cent francs de revenu par chaque
enfant ; que les objets réclamés pour les trois mineurs Gouyon ne
s’élèvent pas à beaucoup près à cette valeur ; que ces enfants sont
dénués de tout moyen de subsistance.
Arrête que Jean François
Escallot en sa dite qualité est autorisé à percevoir directement et en
nature des mains des fermiers, à titre de secours provisoire pour ces
trois mineurs François, Adélaïde et Alexandrine Gouyon, la totalité des
revenus échus et non encore perçus et à échoir de la maison, retenue et
métairie de Launay-Morel et dépendances en la communes de Ros sur
Couesnon :
Fait deffenses au receveur
des domaines de la situation de percevoir à l’avenir aucune partie des
dits revenus :
Ordonne que la vente de
cette maison, retenue et métairie demeurera suspendue jusqu’à nouvel
ordre du gouvernement.
Au conseil les dits jour et
an. signé : Duplessis, rapporteur. "
A la suite de quoi le préfet
accorde aux enfants les revenus non encore perçus, échus et à échoir du
château, retenue et dépendances. Jean François Escallot est autorisé à
percevoir directement et en nature des mains des fermiers à titre
provisoire pour les trois mineurs la totalité des revenus de la maison,
retenue et métairie de Launay-Morel
Cette décision va provoquer des
remous dans la famille Gouyon, en effet, il semble qu’il y ait eu un
amalgame de fait entre le château et la retenue de Launay-Morel acheté
par madame Lefeuvre et la métairie de Launay-Morel achetée par Renée
Gouyon de Vaucouleurs.
Il va y avoir des échanges de
courrier assez véhéments, on va s’accuser de spoliation. Mais en fin de
compte, il semble que chacun des protagonistes ne désirait que préserver
l’avenir des enfants Gouyon.
Lettre de Laumailler, 6pluviôse an 9 (26 janvier
1801).
" Aux
citoyens composant le conseil de préfecture du département d’Ille et
Vilaine.
Il a été surpris a votre
religion le 13 vendémiaire dernier un arrêté portant que Jean François
Escallot, se disant tuteur de François, Adélaïde et Alexandrine Gouyon,
percevait les revenus échus et non encore perdus et à échoir de la
maison, retenue et métairie de launay-morel et dépendances en la commune
de Ros sur Couesnon.
Je suis chargé de réclamer
contre cet arrêté en ce qu’il accorde au citoyen Escallot la jouissance
de la métairie de Launay-Morel. Cette métairie n’est plus à la
disposition de gouvernement ayant été acquise par la tante des mineurs
au mois Floréal an 6, et le prix en ayant été entièrement versé au
trésor Public ainsi qu’il est- constaté par le certificat du citoyen
Guinguené receveur des domaines à Rennes.
Je joins à la présente le
certificat du citoyen Guinguené, une lettre de la citoyenne Gouyon
propriétaire de la métairie de Launay-Morel, une du citoyen Aupoix de
Mervilly ayeul de ces mineurs et troisième signée Alexis Fauvel maire de
Ros sur Couesnon. Ces pièces prouvent la légitimité de ma réclamation et
vous détermineront sans doute à rapporter l’arrêté du 13 vendémiaire
dernier en ce qui concerne la métairie de Launay-Morel, et à ordonner
que les revenus que le citoyen Escallot aurait pu recevoir seront par
lui rapportés à la citoyenne Gouyon.
C’est justice.
Rennes le 6 pluviôse an 9. signé : Laumailler. "
Cette lettre reçue le 7 pluviôse
fut communiquée au directeur du domaine national le 9 pluviôse an 9 ;
Le directeur du domaine national
vu la pétition et les pièces jointes au nombre desquelles se trouve la
quittance définitive du payement du prix de l’adjudication dont il
s’agit, estime qu’il y a lieu pour le conseil de rapporter son arrêté du
13 vendémiaire dernier. Rennes le 14 pluviôse de l’an 9.
Lettre Aupoix de Mervilly à Laumailler notaire
public, n° 10 rue des fédérés à Rennes.
18 nivôse an 9 (8 janvier 1801).
Monsieur,
Je viens d’apprendre avec
surprise ainsi que mon épouse, par une lettre que je viens de recevoir
de la citoyenne Gouyon, les procédés déplacés du citoyen Escallot, dit
Marcé ci devant procureur fiscal de la juridiction de Launay-Morel sur
Couesnon. Ce citoyen, a l’insu de la citoyenne Gouyon, de mon épouse et
de moi, sous le voile de faire le bien et par ses intrigues, a eu
l’adresse de capter la religion du préfet de Rennes, en se faisant
authoriser a toucher les revenus de Launay-Morel tant de la métairie que
du ci-devant château, se disant tuteur des enfants. il n’est qu’un
tuteur abrogé, un fardeau qui n’a que trop malheureusement pesé sur la
famille dans l’ancien régime et qui veut encore renaître aujourd’hui
pour la spolier, en voulant exclure les parents les plus proches, alliés
par le sang, C’est la grand mère et la tante, qui subviennent
aujourd’hui aux besoins de ces malheureux enfants, qui se sont épuisés
de part et d’autre pour rachepter leur bien et leur fortune dont tout le
fruit serait aujourd’huy la proie d’un usurpateur. Quel sacrifice a t’il
fait ?, qu’est-il dans la famille ? partout on peut mettre un zéro. Dans
les temps malheureux qui se sont passés, je lui ai écrit plusieurs
lettres pour prendre intérêts a ces malheureux orphelins, dont il prend
tant l’intérêt aujourd’hui, je n’en ai jamais eu aucune réponse. le
fraudeur montrer mes lettres. C’est mon épouse et moi, c’est leur grand
mère du côté paternel, c’est ensuite leur tente, qui avons fait, et qui
faisont encore aujourd’huy, tous les sacrifices, pour les tirer de
l’état abject ou ils étaient même a la porte du citoyen Marcey. tout a
sorti de notre Bourse rien de la sienne ni de qui que ce soit.
aujourd’huy il voudrait nous les ravir et nous faire la loi par ses
fourberies, nous enlever le fruit de nos travaux, sous le voile de la
Bienfaisance.
J’ai acquis les retenues et
le château de Launay-Morel, j’en ai déjà fourni une certaine somme, ne
me trouvant pas en argent pour satisfaire dans le moment aux autres
termes, on a prononcé déchéance, sentence favorable pour Marcé, mais
soit que la loi continue la déchéance, c’est ce qui est en question
aujourd’huy, j’espère lever en faisant droit à mes engagements : soit
qu’elle accorde mon acquisition aux enfants, ce revenu doit m’être
accordé préférablement a un homme qui se dit tuteur, un étranger, qui
n’a fait aucun sacrifice et qui n’est pour rien dans ces affaires ;
d’ailleurs de couvert avec la citoyenne Gouyon, je fournis a cés enfants
héritiers de ma femme, les habits, la nourriture, l’éducation sans en
rien demander a personne. que le citoyen Marcé veuille donc bien cesser
de s’inquiéter de leur sort, ils seront bien élevés sans lui.
Ce que je trouve encore bien
ridicule et fourbe de sa part ; c’est de vouloir envahir le revenu d’une
métairie qui n’a jamais été a la déchéance, qui est bien acquittée des
propres deniers de la citoyenne Gouyon dont elle peut fournir toutes les
preuves. il est bien extraordinaire qu’un tel homme ait ainsi surpris la
bonne foi d’un Préfet. Ce qu’il y a encore de plus fort ; c’est qu’il la
menace de la faire destituer de sa tutelle, il lui annonce qu’il a écrit
a cet effet aux parents qu’il connaît, qui ne sont que parents éloignes,
et laisse de côté la grande mère et la tante qui ont fait tous les
sacrifices.
Quant a moi ainsi que mon
épouse, nous déclarons nous opposer comme parents plus proches, aux
actes qui émaneraient de pareille délibération, nous joindre et soutenir
la citoyenne Gouyon comme légallement et vraiment tutrice des enfants
mis sous sa régie pour justice. vu que rien ne leur manque depuis qu’ils
lui sont confiés, s’autant plus que de concert avec elle nous avons
subvenu et subviendrons a leurs besoins autant que besoin sera et que
nous ne souffrirons jamais être privés d’une progéniture qui nous est la
plus proche et la plus précieuse.
Ainsi, Monsieur, je vous
prie instamment de vous opposer aux trames du citoyen Marcey tant a
l’affaire de la citoyenne Gouyon que la mienne, de vouloir bien me
donner les renseignements nécessaires a ce sujet pour y obtempérer sur
le champ. Je me joint à elle et nous vous satisferons des demandes que
vous pourrez faire.
Je suis avec respect
votre très humble et très obéissant serviteur.
Orbec ce 18 nivôse an 9 signé : Aupoix Mervilly.
Lettre de mademoiselle Gouyon à Monsieur Laumailler
(décembre 1809).
Monsieur votre zelle et activité à môbligé ne me lesse auqun doute
que vous allés an core me le faire vous mê rendrés un grand cervise
parce que céla mê vitera un voyage de renne, an ce momant ou la saison
est mauvaise, je cont bien à oir le plaisir de vous voirmes ver étant
obligé allés à renne pour des affaires particulière- Mon
Marcé celui qui vous était allés partés pour laffaire du fermier des
bois de la retenue de lonémorel, vient aujourd’hui de ce faire passé
comme tuteur de mes neveu qui demeure chez moi, cette qualité qui na par
il est vray quil est tuteur abrogé, et moi tutrice, de mes trois neveu,
et acquéreuse de la meterie de launemorel situé comune de ros, sur
quenon que je aquise par vous, mon, qui mê lié les anches lan
6 dela république, aujourd’hui ce, mon, a fait un an brouage
de la meterie et de la retenu au visavie du citoyen préfet qui à corde
jusque à nouvelle ordre les revenu à échoir et échu à mes neveu tan de
la meterie que de la retenu je né jamais an tandu parlés de la meterie
puisque par mon contrat jan sui la propriétere, et et payé antiérement
le lot cela napartien donc plus au gouvernement, ce mon, ce
fait en conséquence au torisé à touché comme tuteur ce qui n’est pas, il
vien de sinifié son ordre de touché les revenu tan de la rétenu que de
la mêterie, lordre quilà est du citoyen prefet et de son conseille, vous
prie, mon, dans le plus court de lay de présenté la vérité au
citoyen préfet, à fein de faire rélevée cette mêprise, car ce , mon,
veu absolument touche, malgré mon contra le revenu de la meterie, que je
à jété, et payé comme vous le savéz puisque c’est vous qui avez fait
solde à paris, comme je votre recu et qui mavéz an voyé mon contrà que
je tres conforme, ci le sitoyen prefet douté de la chose, vous été à
même dan avoir la certitude, au département an sa est inscrit sur les
régistre, comme je suis tutrice et les révénu de mes neveu me sont a
cordé par les loy, jusqua ce jour il nan naver par, il non jamais
demeure chéez ce mon, ni né leur est paren, je croix quautte
foy il était homme de loy, voila la vérité, je vous rémêtre, mon,
tous vos fray et por de lettre à ce sujet vous prie, mon,
mêttre la plus grande activité à relevée cette erreur, vous né pouvéz mê
rendre un plus grand cervisse, ne douté jamais de la reconnaissance
àvecque la quel je vous sui
Monsieur
Votre très humble obéisante
servante Gouyon.
je vous an ves la lettre du
citoyen agen de la commune de ros sur quenon – vous prie de ne pas
perdre cette lettre lorce que joré le plaisir de vous voir vous me la
rémotré, vous prie mavoir une ordre du prefet, de touche ce qui ma
partien, c’est moi depuis trois an qui pay les contribution en fein de
puis que je sui an jouissance.
Lettre du maire de Ros sur Couesnon (23 frimaire an
9) 14 décembre 1800.
à
Mademoiselle de Gouyon en la commune de Pledihen. :
Le 14 décembre 1800 (23 frimaire
an 9) le maire de Ros sur Couesnon écrit à Mme Renée Gouyon, lui
expliquant les raisons de cette décision préfectorale contestée par
cette dame, concluant : " je suis toujours bien charmé d’avoir pu
contribuer en quelque chose à la conservation des biens des enfants
Gouyon ".
" Ros sur Couesnon 14 décembre 1800.
Mademoiselle
A la réception de votre
lettre, du 10 novembre, que vient de me remetttre vottre fermier, je
m’empresse de répondre à la demande que vous me faitte l’honeur de me
faire, au sujet du Château de Launay-Morel qu’on vous a dit être
accordé, par le prêfet, à Monsieur votre neveu : j’ai l’honeur de vous
observer, Mademoiselle, que avés été malinformée, et pour satisfaire à
vottre demande, je vais avoir l’honeur de vous tracer, en peu de mots,
de quelle manière cette affaire s’est pasée. Dans le mois de septembre,
dernier, je reçus une affiche, de la préfecture, qui annonçait la vente
du chateau et retenue de Launay-Morel, sous huit jours, aussitôt
j’engageais monsieur de Marcey, en qualité de tuteur, à former une
pétition pour réclamer, conformément à la loi, cet objet pour les
enfants de Monsieur et Madame de Gouyon, à quoi il consentit sur le
champ ; aussitôt, la pétition formée, je la signé après l’avoir visée et
approuvée et je partis, de suite, pour Saint Malo et la déposée entre
les mains du Sous-Préfet en le priant instamment, de la faire passer,
dans le plus bref délai, au préfet et même de lui écrire à ce sujet, vû
que la vente devait avoir lieu dans trois jours : il voulut bien me
faire l’honeur de me promettre qu’il allait s’en occuper, d’après quoi,
je prie congé de lui, mais dans la crainte que la quantité d’affaires,
dont il est toujours occupé, ne lui eusent fait perdre la mienne de vüe,
je retournai le prier, derechef, de mettre la plus grande célériré dans
l’envoi de cette pétition : dans le moment, il me prômet qu’il allait la
faire partir, dans le jour même, avec une lettre, de sa part, au sujet
de cette affaire, à l’adresse de Préfet, ce qui, vraisemblablement, eut
lieu, car, peu de temps après , je reçus une lettre de sa part, par
laquelle il m’annonçait que le préfet venait de lui marqué qu’il venait
avec son conseil, de prendre un arrêté qui accordait, aux trois enfants
de monsieur et Madame de Gouyon, tous les revenus, non encore perçus,
échus et à échoir, du château, retenue, métairie et dépendances de
Launay-Morel :il me marquait, en même tems, d’engager le tuteur à écrire
à la préfecture pour se faire délivrer une expédition du dit arrêté ;
Monsieur de Marcey y écrivit, de suite, et j’ai l’honeur de vous
annoncer, Mademoiselle, que je l’ai reçue, il y viron quinze jours :
quant à la métairie que vous avés achettée et dont il est mention dans
le dit arrêté, j’aime à croire qu’il y a erreur, autrement il faudrait
supposer que vous seriés déchue de votre acquêt, ce que je ne peux
croire. enfin, Mademoiselle, je suis toujours bien charmé d’avoir pu
contribuer, en quelque chose, à la conservation du bien des enfants de
Monsieur et Madame de Gouyon et de trouver, dans cette circonstance,
l’occasion de vous témoigner le profond respect avec lequel j’ai
l’honneur d’être.
Voter très humble et très obéissant serviteur.
signé : Alexis Fauvel.
Le 7 pluviôse an 9 (27 janvier 1801) lettre de
Laumailler :
Launay-Morel acquit par la tante de la mineure Gouyon au mois de
Floréal an 6 (09-1798) et le prix en ayant été entièrement versé au
trésor ainsi qu’il est constaté par le certificat du citoyen Guinguené
receveur des domaines de Rennes.
Séance conseil de préfecture du 19 ventôse an 9 (10
mars 1801)
Vu la pétition présentée au conseil de préfecture au nom de la
citoyenne Renée Gouyon, tendant par les moyens y énoncés, au rapport de
l’arrêté du conseil de préfecture du 13 vendémiaire dernier en ce qu’il
autorise le citoyen Escalot se disant tuteur de Françoise Adélaïde et
Alexandrine Gouyon, à percevoir les revenus échus et non encore perçus
et à échoir, de la maison retenue et métairie de launay-morel et
dépendances situés en la commune de Roz sur Couesnon, et à lequel soit
ordonné au citoyen Escalot de raporter à la citoyenne Gouyon les revenus
qu’il aurait pu recevoir jusqu’à ce jour.
Vu une expédition de
l’arrêté du conseil du 13 vendémiaire dernier, la quittance définitive
du prix de l’adjudication de la métairie de launay-morel, sous la date
du 2 pluviôse an 9, de laquelle il résulte que la citoyenne Renée Gouyon
a soldé de ses propres deniers le montant de la dite adjudication ;
Vu les autres pièces jointes
à la dite pétition.
Vu l’avis du Directeur du
Domaine national,
Le conseil de préfecture du
département d’ille et Vilaine arrête de raporter son arrêt du 13
vendémiaire dernier, en ce qu’il accorde au citoyen Escalot, aux
qualités qu’il se disait agir, la faculté de percevoir les revenus échus
et a échoir de la métairie de launay-morel, ordonne, en conséquence, que
tous les fruits qu’il aurait pu recevoir sont par lui raportés à la
citoyenne Renée Gouyon. En conseil de préfecture les dits jour et an.
L’affaire de
Launay-Morel. [table]
Nous
ignorons si les protagonistes de l’affaire que nous venons d’évoquer ont
trouvé un terrain d’entente sur l’attribution des divers revenus des
métairie et retenue de Launay-Morel.
Cependant il est certain que la
dame Lefeubvre fut déchue de sa propriété et que les enfants Gouyon
furent à leur tour déchus des revenus de Launay-Morel.
Ces revenus furent attribués à
l’hôpital du Rosais à Saint Servan.
Aliénation 30 messidor an 12 (19 juillet 1804).
La
dame Lefèvre épouse Aupoix s’étant laissé déchoir faute de paiement,
l’administration centrale ayant été obligée d’accorder des secours aux
hôpitaux et hospices dont les revenus s’étaient amoindris, par suite de
la vente des biens ecclésiastiques, le domaine de Launay-Morel fut alors
compris dans l’état des biens affectés au département d’Ille et Vilaine
pour être employés en remplacement des biens aliénés de ses hospices.
Il fut provisoirement concédé à
l’hospice du Rosais par un arrêté préfectoral du 30 messidor an 12 (19
juillet 1804), en vertu de la loi du 8 ventôse, pour un revenu estimé de
425 francs. La commission administrative des hospices de Saint Servan
fut définitivement mise en possession de ce bien par un décret impérial
signé au palais de Saint-Cloud le 19 septembre 1807.
Ce décret attribuait à l’hospice
du Rosais les biens suivants :
- La retenue de Launay-Morel provenant de l’émigration Gouyon de
Vaucouleurs, pour un revenu de 425 francs,
- L’isle Notre Dame située sur la Rance, en Saint-Jouan, provenant
de l’évêché de Saint-Malo, pour un revenu de 5 francs,
- Trois hectares de terres au lieu dit La Fresnaie en Epiniac,
provenant de Saint Pair de Carlac, pour un revenu de 101 francs 79.
Le 23 novembre 1808, un décret
impérial autorise la commission administrative à concéder à rentes la
retenue de Launay-Morel au sieur Morand demeurant à Roz sur Couesnon
moyennant une rente annuelle de 30 quintaux métriques de blé froment,
laquelle rente, suivant le procès verbal d’estimation du 13 août 1806,
excède de beaucoup le produit du domaine qui est affermé pour la somme
de 425 francs. Cette propriété pouvait représenter d’après le taux des
grains un revenu de 600 francs.
La paix civile proposée par
Bonaparte entraîna le retour massif des émigrés supportant de plus en
plus mal leur exil. On rentre d’autant plus promptement que l’on
voudrait récupérer la part de son patrimoine séquestrée par l’état et
pas encore vendue. Une fois radié de la liste des émigrés on s’efforce
de se faire rétrocéder ou de racheter celles des propriétés qui ont été
vendues. Pour cela la noblesse a du souvent s’endetter et les rentes que
lui apporte la loi du milliard des émigrés votée sous Charles X (1825)
viendront les aider à surmonter leurs difficultés de trésorerie. De
retour en France mme de Gouyon s’est efforcé de récupérer ses biens.
Le 17 juin 1816, le sieur Morand
fut troublé dans la possession de la propriété qu’il tient de l’hospice
par concession à titre d’arrentement par une réclamation de la dame
Lefevre qui tente de récupérer la retenue de Launay-Morel ; cette
propriété ayant été vendue en premier lieu comme bien national a cette
dame Lefebvre, femme Aupoix, qui se laissa déchoir faute de paiement.
Restitution.
[table]
Le 18
août 1818, madame veuve Gouyon demande la remise du domaine se fondant
sur la loi du 5 décembre 1814 et sur l’ordonnance royale du 11 juin
1816.
En séance du 21 septembre 1818, la
commission administrative estime que Mme Gouyon de Vaucouleurs n’a
aucune reprise à exercer sur l’hospice du Rosais au terme de la loi du 5
décembre 1814 et de l’ordonnance royale du 11 juin 1816 qu’elle évoque.
Launay-Morel fut restitué, par
ordonnance royale prise au château des Tuileries en date du 10 février
1819, à la veuve Gouyon de Vaucouleurs, Dame Adélaïde Renée du
Boisbaudry qui résidait alors à Saint-Malo.
Une action entreprise par
l’hôpital du Rosais pour conserver ce bien, arguant que Launay-Morel
n’était pas dans la classe des biens dont la remise était ordonnée par
la loi du 5 décembre 1814, car elle excepte les biens aliénés, et que
l’ordonnance royale aurait été prise par suite d’intrigue à la cour,
n’eut pas de suite.
Madame Gouyon ayant déposé une
demande d’indemnité en exécution de la loi du 27 avril 1825 et de
l’ordonnance royale du 1er mai suivant, cette demande fut
examinée sur les bases suivantes :
Métairie de Launay-Morel aliénée
le 26 floréal an 6 (15 mai 1798)
Revenu de 1790 : 1199 francs
capital (x18) 21582 francs.
Maison principale de Launay
aliénée le 28 thermidor an 7 (15 août 1799)
Revenu 650 francs capital 11700
francs.
Revenu total 1849 francs capital total 33282
francs
Bordereau d’indemnité n° 189,
département d’Ille et Vilaine arrêté à la somme de Trente trois mille
deux cent quatre vingt deux francs.
Directeur des domaines au Préfet d’Ille et Vilaine.
Indemnité du Boisbaudry.
Rennes le 2 mars 1826.
Monsieur le Comte,
J’ai l’honneur de vous
adresser avec la demande de madame Adélaïde Renée du Bois Baudry veuve
de M. François Jean Servais de Gouyon Vaucouleurs et avec quatre pièces
à l’appui, le bordereau en double expédition de l’indemnité accordée par
la loi du 27 avril 1825,pour cause des biens confisqués et vendus sur
cette émigrée.
Je vous serais obligé de me faire accuser
réception de cet envoi.
Vous remarquerez
1° que l’acte de notoriété n’est pas légalisé
par M. le président du tribunal de Saint-Malo.
2° que la retenue de Launay-Morel porté au
chapitre 4 du bordereau, comme ayant été concédée à l’hospice de
Saint-Servan, a été depuis restituée à l’ancienne propriétaire en vertu
d’une ordonnance royale du 10 février 1819.
D’après cette restitution, comme la réclamante
ne peut avoir en même temps la propriété elle-même et l’indemnité y
relative, il s’ensuit que c’est à l’hospice que cette indemnité devra
être délivrée.
Je suis avec respect,
Monsieur le Comte,
votre très humble et obéissant serviteur.
Le Directeur des Domaines.
Il est décidé que " la requérante
ne pouvant avoir en même temps la propriété elle-même et l’indemnité y
relative, l’indemnité sera versée au Rosais ".
Elle reçoit cet avis alors qu’elle
réside à Rennes chez M. Gouyon conseiller à la cour royale de Rennes.
Ce ne fut pas une bonne affaire
pour madame Gouyon, elle récupérait son bien, mais celui ci étant resté
pendant près de trente ans sans entretien, la maison était en ruine, et,
sans indemnité, elle ne pouvait y faire des travaux.

[ de lignières ]
[ d'orenges ] [ du bellay ]
[ de malnoë ] [ de la paluelle ]
[ de marcillé ]
[ du boisbaudry ] [ gouyon_1 ]
[ gouyon_2 ] [ armorial ]
[table] |