Les Seigneurs De
LAUNAY-MOREL
Les Familles

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FAMILLE DE MALNOË
Cette famille portait:
" D’or à trois aiglons d’azur, becqués et
membrés de gueules "
La seigneurie de Malenoë en
Saint-Christophe-des-Bois a donné son nom a une très ancienne famille de
chevalerie bretonne. C’était l’une des six grandes seigneuries de la
baronnie de Vitré ; Union de plusieurs petites seigneuries elle avait
des fiefs sur 10 paroisses.
Dès le 11ème siècle il
est fait mention d’un seigneur Aubry de Malenoë. Le château de Malenoë
était aux seigneurs de ce nom en 1094. Les Malenoë étaient aussi
seigneurs du Chastelier, paroisse de Saint-Germain en Coglès ; de Bessé
et de la Motte, paroisse de Montreuil-des-Landes ; de Marigny, paroisse
de Saint-Germain en Coglès.
En 1254, Geoffroy de Malenoë
vendit, à Guillaume Soubric, en faveur du prieuré projeté de la
Dauphinaye, en Romagné, une portion de dîmes qu’il levait dans la
paroisse de Parcé.
Pendant la Guerre de Cent ans, en
1360, Phelippot de Malenoë servait en qualité d’écuyer dans la compagnie
de Jean de Coëtquen, il accompagne Du Guesclin dans ses guerres
d’Espagne et combat pour Charles de Blois. Il se trouvait à Clermont en
Auvergne le 14 juin 1380, puis le 3 juillet, sous le commandement de
Bertrand Du Guesclin qui mourut le 14 juillet suivant en assiégeant la
place de Châteauneuf de Randon.
Le chevalier Guillaume de Malenoë
épousa par contrat de 1402 Péronnelle Le Bret, fille d’Etienne Le Bret,
seigneur de Saint Etienne en Coglais ; Elle apporta à son mari la terre
seigneuriale de la Gretaye en Acigné.
De cette union naquit Jean de
Malenoë, seigneur dudit lieu, qui épousa en premières noces Guillemette
de la Chapelle, et en secondes noces Marie de Bintin. Ce seigneur vivait
encore en 1488 quand mourut le duc de Bretagne : Jehan Mallenoë reçoit
" 4 aunes et demie de tissus noir pour robe et chaperon " afin de se
faire confectionner un béguin pour porter le deuil du Duc François II
mort à Couëron le 9 septembre 1488 et inhumé dans l’église des Carmes de
Nantes le 13.
Du mariage de Jean de Malenoë et
Marie de Bintin naquit un fils nommé Georges, qui était en 1464 hommes
d’armes de la compagnie de Monsieur de Lohéac à Vitré. Devenu à la mort
de son père seigneur de Malenoë, Georges s’unit à, Roberte de
Fontenailles, qui lui donna un fils appelé Michel, qui fut chevalier
preux et hardi, et capitaine de Vitré et de Châtillon, du temps d’Anne
de Laval, dame desdits lieux. (Du Paz).
Michel épousa vers 1511 Jeanne du
Chastellier, dame du Bas Chastellier en Saint Germain en Coglès et de
Combourtillé en la paroisse de ce nom. Le fruit de ce mariage fut un
fils appelé Michel comme son père et qui succéda à celui-ci en qualité
de seigneur de Malenoë. En 1541, " Michel de Malnoë seigneur de
Malenoë se présente monté et armé en habillement d’homme d’armes
accompaigné de deux hommes à cheval l’un coustilleux et ung paige
portant lance, bien en ordre touz troys. Et a vériffie par serment sa
déclaration de laquelle il a cy présentement apparu ung paraultaut
contenir vérité. Et a faict le serment. Et a veriffié sa dicte
déclaration monter com en fyé noble environ seix cens livres tournois
par chaicun an ".
Lors de la montre des
gentilshommes de l’évêché de Rennes en 1541, on trouve Jehan de Malenoë
cité comme témoin à Saint-Aubin d’Aubigné et à Fleurigné ; Michel de
Malnoë seigneur dudit lieu à Saint-Germain en Coglès et à
Saint-Christophe des Bois.
Le 21 février 1553 il rendit aveu
au baron de Vitré, seigneur de Châtillon pour sa seigneurie de Malenoë
relevant de Châtillon.
Michel de Malenoë avait épousé
vers 1550 Jeanne Croc, dame de la Ronce en Billé, veuve de lui en 1565.
Il en eut François de Malenoë, seigneur dudit lieu après lui, qui s’unit
à Péronnelle d’Anvillé, dame de Normandaye et du Plessix en Dourdain.
Michel de Malenoë fils du
précédent épousa vers 1584 Jeanne Gédouin fille du seigneur de la
Dobiaye. Il prit une part fort active au mouvement de la ligue et
combattit sous les ordres du duc de Mercœur, aussi voit-on son nom
figurer parmi ceux des ligueurs du pays de vitré que poursuivirent le
parlement de Bretagne en 1589 et le sénéchal de Rennes en 1590.
Dans le royaume de France, devant
le péril protestant et la faiblesse du roi, les catholiques se
groupèrent autour de grands seigneurs qui créèrent le Saint Ligue.
Le double assassinat du duc et du
cardinal de Guise aux États de Blois, à la fin décembre 1588, amena le
Duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et cousin du Duc de Guise, à se
déclarer ouvertement pour la ligue. L’évêque comte de Dol fut l’un des
premiers à s’attacher à la Sainte Union contre le roi. En 1590, Mercœur
s’établit un moment à Dol, les ligueurs pillèrent le château de la
Mancellière situé à Baguer-Pican. Le pays de Dol fut très éprouvé par
cette guerre civile, Montgommery qui commandait à Pontorson, pour le
roi, multipliant les sorties jusqu’aux portes de Dol. L’église de Roz
sur Couesnon fut " polluée " au cours de ces sorties. Vaincu, Mercœur
fera sa soumission au Roi Henri IV le 20 mars 1598.
Durant ces troubles, le sieur
Michel de Malenoë de Saint Christophle des Bois est mentionné dans un
arrêt du parlement de Rennes en date du 21 avril 1589, comme étant du
parti du Duc de Mercœur, rebelle contre le Roy. La cour déclare que les
biens des partisans de Mercœur, accusés de brûlerie, volerie, violences,
rançonnement et enlèvements d’hommes, seront hypothéqués. Puis un décret
du sénéchal de Rennes du 10 avril 1590, ordonne que les ligueurs seront
pris et enfermés aux prisons de Rennes, s’ils ne peuvent être
appréhendés où s’ils ne se présentent pour se justifier dans le délai
d’un mois, leurs biens seront saisis et vendus.
Au mois d’avril 1589, une troupe
d’hommes appartenant au duc de Mercœur s’emparait du château de Marigné
et s’y livrait au pillage, emmenant tous les meubles au château de
Fougères.
Michel de Malenoë dut mourir vers
1600, car en janvier 1599 il vivait encore et le 17 décembre 1600 son
fils Pierre faisait hommage au sire de Châtillon en qualité de seigneur
de Malenoë. Pierre de Malnoë, seigneur de Malenoë, la Ronce,
Combourtillé, le Plessis Saint-Christophle, fut baptisé le 12 septembre
1581 à saint Christophe des Bois, il devint chevalier de l’ordre et
gentilhomme du Roi, premier capitaine du régiment de Bretagne levé pour
le service du Roy, sous le commandement de M. le prince de Talmont,
maître des camps. Il épousa vers 1599 une riche héritière Péronnelle
Harpin dame de la châtellenie de la Chesnaye en Parigné et de la
seigneurie de Marigny en Saint-Germain en Coglès fille de François
Harpin seigneur de Marigné. Ce seigneur mourut le 22 décembre 1636 au
Petit Andelys où il commandait la garnison. Il fut inhumé le 2 janvier
1637 dans l’enfeu qu’il avait fait bâtir dans l’église de
Saint-Christophe. Sa veuve se retira à Fougères et mourut en cette ville
le 15 avril 1642 et fut inhumée en l’église Saint-Léonard.
Jacques, fils de Pierre ci-dessus
avait été baptisé à Saint-Sauveur de Rennes le 15 mars 1600, il s’unit
par contrat de mariage du 27 mars 1619 à Eléonore du Bellay, fille de
Jacques du Bellay seigneur de la Feuillée au Maine et de Radegonde des
Rotours, avec laquelle il vécut toujours en assez mauvaise intelligence.
Il en eut un fils Jacques décédé jeune et une fille Suzanne baptisée à
Saint-Méloir-des-Bois le 22 août 1622.
Gilles Des Nos, mari de Suzanne de
Malnoë, dame de la Feuillée, était seigneur d’Hémenard. Son mariage
clandestin fut revalidé en juillet 1653 par le père Dorothée de Launay,
gardien des Capucins de Mayenne.
Les Malenoë étaient seigneurs de
Launay-Morel au début du XVIIème siècle. On rencontre Eléonore du Bellay
épouse de Jacques de Malenoë seigneur de Marigny et de Launay-Morel,
lors de la cérémonie de baptême d’une nouvelle cloche pour l’église :
" Le vingt et sixième jour
d’aougst 1635 à ésté refondue la grosse cloche de Roz-sur-Couesnon par
Clément Le Picard, fils de Clément, de Villedieu ; il a eu pour ses
peines et vacations 21 livres 12 sols et a baillé cent cinquante livres
de metail à raison de douze souls la livre. Il est escript au haut de la
cloche : Malo, Marquis et Comtte de Combour, avec les armes ; et
Léonore, dame de Launay-Morel, avec armes, et Mire Jean Duynes, recteur.
Lad. cloche fut bénite le 28è dud. Mois ; pour parrain fut présent Me
Georges Simon, sieur de Villesnou, représentant mondit seigneur le
marquis, et pour marraine honorable femme Perrine Richard, femme de Me
Jean Simon, sieur des tourelles, au lieu de mond. dame de Marigné et
Launay-Morel et fut lad. cloche nommée Léonor. Lad . cloche fut paiée
aud. Fondeur par me Jullien Guillier, scavoir : desz comtes de Jullien
Morel et Jullien Bothelin 68 livres, et le comte de Me Michel Rouxel et
Jacques Jourdan 42 livres 8 sols, et 12 deniers du recteur. ".
Ce document nous montre
qu'Eléonore du Bellay ne résidait pas à Launay-Morel et s’était faite
représenter par Perrine Richard. Le manoir est alors habité par Jacques
Flambart époux de Guillemette Simon, demoiselle de la Rue, mariés à Roz
sur Couesnon le 17 octobre 1634, fille de Georges Simon sieur de
Villesnou et Gilette Ybert. Devenue veuve Guillemette Ybert épousera en
secondes noces François Lelou le 16 octobre 1639 à Pleine
Fougères. Elle y décèdera le 28 janvier 1648.
Le 17 juillet 1636 à lieu à
Roz-sur-Couesnon le baptême de François Lelou, fils de Georges et
Julienne Pincé sa femme demeurant à Launay-Morel. Il eut pour parrain
François Bonnard sieur de la Forge et pour marraine Françoise le
Taillandier dame de la Rue.
Jacques de Malenoë fut le dernier
représentant mâle de la maison. Comme son père il fut chevalier de
l’ordre, gentilhomme de la chambre du Roi et maréchal des camps. Il
était de plus, en 1650, lieutenant aux gouvernements de Port Louis, près
d’Hennebont, et de Quimper. Il vendit, le 17 janvier 1653, sa seigneurie
de Malenoë, la Ronce et Combourtillé à Urbain de Cervon, barons des
Arcis, qui les revendit en 1676 à Jacques de Farcy seigneur de Mué et,
le 14 octobre 1655, celles de Marigny et de la Chesnaye. Il continua
cependant à porter habituellement le nom de Marigny.
Jacques de Mallenoë, sieur de
Marigny, fut lieutenant du roi au Port-Louis de 1644 à 1664. En novembre
1662, il se rend à Quimper avec 100 hommes et deux canons pour chasser
le sieur du Pontlo de l’abbaye de Kerlot qui s’oppose à ce que l’abbesse
de cette abbaye en prenne possession malgré un arrêt du parlement de
Paris ; l’abbesse peut s’installer le 2 décembre.
Tallement des Réaux a consacré à
ce seigneur, qu’il qualifie de " philosophe cynique " une de ses
historiettes :
[ C’est un gentilhomme de Bretagne, qui
épousa la sœur de La Feuillée du Bellay, belle fille dont il devint
amoureux – Au bout de quelques temps la jalousie le prit avec quelques
fondements. Un beau matin, il dit à sa femme : " Vous n’êtes point bonne
cavalière ; il faut que vous vous accoutumassiez à aller à cheval –
Venez avec moi visiter de nos amis et de nos parents ". Ils montent tous
deux à cheval ; alors les carrosses n’étoient pas si communs qu’a cette
heure - Il la mène assez loin, et puis lui dit : " Ecoutez mon dessein
est d’aller à Rome et de vous y mener. – J’irai partout ou vous
voudrez ", répondit-elle. Quand ils furent en Italie, Marigny lui
déclare froidement que son intention étoit de la faire mourir. Cette
femme, quoiqu’elle n’eut que vingt-deux ans, lui répondit froidement :
" J’aime mieux mourir ici qu’en France, et autant dans huit jours que
dans cinquante ans ". " Bien, lui dit-il, voyez de quel genre de mort
vous voulez mourir " ; Ils furent quelques jours à en parler aussi
froidement que si c’eut été simplement pour s’entretenir ; Enfin elle
choisit le poison. Il lui en apprête et présente une coupe. Elle le
prend délibérément et comme elle alloit l’avaler, il lui retient le bras
– " Allez lui dit-il, je vous donne la vie ; Vous méritez de vivre
puisque vous avez le courage de mourir si constamment. Désormais, je
vais vous donner liberté toute entière ; vous ferez tout ce que vous
voudrez de votre côté et moi du mien ". Ils se le promirent
réciproquement et revinrent les meilleurs amis de monde ensemble. Ils
n’ont eu qu’une fille, qui, voyant qu’ils ne songeoit point à la marier
et qu’on la vouloit tenir toute sa vie en religion, en sortit et se
maria, à l’âge de trente quatre ans, sans leur consentement. Le gendre,
car la coutume de Bretagne rend le mariage d’une fille responsable des
dettes de la famille, même contractées depuis, voulut les faire
interdire. Ils firent invoquer à Paris sur parentés, et ici, ils
gagnèrent leur procès. De peur d’accident, ils vendirent Marigny et
Malenoë, dont ils firent cinquante mille écus, toutes dettes payées. Il
en donna la moitié à sa femme et garda l’autre pour lui. Il est souvent
en Bretagne où il a le gouvernement de Port-Louis. Elle ne fait que
jouer à Paris où elle demeure toujours depuis quelques années] .
La famille de Malenoë possédait, en plus des biens
acquits par les héritages précédents :
-
à Acigné : la maison de la Gretais au 15ème siècle ;
-
à Billé : les manoirs de la Ronce et de la Rouele vers 1553 ;
-
à Cornillé : le manoir de Haut Combourtillé à Michel de Malenoë en
1513 ;
-
à Domalain : le manoir de la Rabaudière vers 1561 ;
-
à Dourdain : le manoir du Plessis Dourdain en 1567 ;
-
à Fleurigné : le manoir de Culais qui fut vendu en 1602 à Julienne
du Chastellier veuve de Bertrand Du Guesclin seigneur de la Roberie ;
-
à Fougères : le manoir de Bonabry acheté au début du 16ème
siècle vendu en 1602 à Julienne du Chastellier ; le manoir de la
Chesnardière qui était aux Harpin seigneurs de Marigné et en 1607 aux
Malenoë, vendu par ceux-ci en 1635 aux Courtais seigneurs de Racinoux ;
-
à Louvigné du Désert : le château de Villevran en 1404 ; le manoir
de la Galaiserie vers 1600, qui le vendirent en 1617 aux Pelet sieurs
de la Cadoraye ;
-
à Mécé les Bois : le manoir de la petite Malenoë en 1513 ;
-
à Montreuil des Landes : le manoir de la Motte en 1513, qui resta
jusqu’en 1789 entre les mains des seigneurs de Malenoë ;
-
à Saint-Germain en Coglès : la seigneurie de Marigny, le
seigneurie du Bas-Chastellier qu’ils vendirent en 1586 aux Becdelièvre
seigneurs du Bouëxic ;
-
à Parigné : le manoir de la Chesnaye au début du 17ème
siècle.
-
à Villamée : les manoirs du Haut-Coudray et du Bas-Coudray en 1623
qu’ils vendirent en 1652 aux Gaucher seigneurs du Verger ;
L’église de Saint-Christophe des
Bois était entourée d’une litre aux armes des seigneurs de Malenoë, le
chœur renfermait un caveau voûté qui était l’enfeu des seigneurs de
Malenoë et une tombe en marbre appartenant aux même seigneurs.
A Saint-Germain en Coglès, dans
l’église, on voyait l’enfeu des seigneurs de Marigny, renfermant la
pierre tombale à l’effigie de Pierre Harpin seigneur de Marigny mort en
1544 et celle de Thomasse de Malenoë, fille de Pierre de Malenoë et de
Perronelle Harpin.

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