Généalogie et Histoire en Pays Dolois  

La seigneurie de Launay-Morel en Roz sur Couesnon (35)

 

 

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Les Seigneurs De LAUNAY-MOREL

Les Familles

de lignières ] d'orenges ] du bellay ] [ de malnoë ] de la paluelle ] de marcillé ] du boisbaudry ] gouyon_1 ] gouyon_2 ] armorial ]

FAMILLE DE MALNOË

    Cette famille portait:

" D’or à trois aiglons d’azur, becqués et membrés de gueules "

    La seigneurie de Malenoë en Saint-Christophe-des-Bois a donné son nom a une très ancienne famille de chevalerie bretonne. C’était l’une des six grandes seigneuries de la baronnie de Vitré ; Union de plusieurs petites seigneuries elle avait des fiefs sur 10 paroisses.

    Dès le 11ème siècle il est fait mention d’un seigneur Aubry de Malenoë. Le château de Malenoë était aux seigneurs de ce nom en 1094. Les Malenoë étaient aussi seigneurs du Chastelier, paroisse de Saint-Germain en Coglès ; de Bessé et de la Motte, paroisse de Montreuil-des-Landes ; de Marigny, paroisse de Saint-Germain en Coglès.

    En 1254, Geoffroy de Malenoë vendit, à Guillaume Soubric, en faveur du prieuré projeté de la Dauphinaye, en Romagné, une portion de dîmes qu’il levait dans la paroisse de Parcé.

    Pendant la Guerre de Cent ans, en 1360, Phelippot de Malenoë servait en qualité d’écuyer dans la compagnie de Jean de Coëtquen, il accompagne Du Guesclin dans ses guerres d’Espagne et combat pour Charles de Blois. Il se trouvait à Clermont en Auvergne le 14 juin 1380, puis le 3 juillet, sous le commandement de Bertrand Du Guesclin qui mourut le 14 juillet suivant en assiégeant la place de Châteauneuf de Randon.

    Le chevalier Guillaume de Malenoë épousa par contrat de 1402 Péronnelle Le Bret, fille d’Etienne Le Bret, seigneur de Saint Etienne en Coglais ; Elle apporta à son mari la terre seigneuriale de la Gretaye en Acigné.

    De cette union naquit Jean de Malenoë, seigneur dudit lieu, qui épousa en premières noces Guillemette de la Chapelle, et en secondes noces Marie de Bintin. Ce seigneur vivait encore en 1488 quand mourut le duc de Bretagne : Jehan Mallenoë reçoit " 4 aunes et demie de tissus noir pour robe et chaperon " afin de se faire confectionner un béguin pour porter le deuil du Duc François II mort à Couëron le 9 septembre 1488 et inhumé dans l’église des Carmes de Nantes le 13.

    Du mariage de Jean de Malenoë et Marie de Bintin naquit un fils nommé Georges, qui était en 1464 hommes d’armes de la compagnie de Monsieur de Lohéac à Vitré. Devenu à la mort de son père seigneur de Malenoë, Georges s’unit à, Roberte de Fontenailles, qui lui donna un fils appelé Michel, qui fut chevalier preux et hardi, et capitaine de Vitré et de Châtillon, du temps d’Anne de Laval, dame desdits lieux. (Du Paz).

    Michel épousa vers 1511 Jeanne du Chastellier, dame du Bas Chastellier en Saint Germain en Coglès et de Combourtillé en la paroisse de ce nom. Le fruit de ce mariage fut un fils appelé Michel comme son père et qui succéda à celui-ci en qualité de seigneur de Malenoë. En 1541, " Michel de Malnoë seigneur de Malenoë se présente monté et armé en habillement d’homme d’armes accompaigné de deux hommes à cheval l’un coustilleux et ung paige portant lance, bien en ordre touz troys. Et a vériffie par serment sa déclaration de laquelle il a cy présentement apparu ung paraultaut contenir vérité. Et a faict le serment. Et a veriffié sa dicte déclaration monter com en fyé noble environ seix cens livres tournois par chaicun an ".

    Lors de la montre des gentilshommes de l’évêché de Rennes en 1541, on trouve Jehan de Malenoë cité comme témoin à Saint-Aubin d’Aubigné et à Fleurigné ; Michel de Malnoë seigneur dudit lieu à Saint-Germain en Coglès et à Saint-Christophe des Bois.

    Le 21 février 1553 il rendit aveu au baron de Vitré, seigneur de Châtillon pour sa seigneurie de Malenoë relevant de Châtillon.

    Michel de Malenoë avait épousé vers 1550 Jeanne Croc, dame de la Ronce en Billé, veuve de lui en 1565. Il en eut François de Malenoë, seigneur dudit lieu après lui, qui s’unit à Péronnelle d’Anvillé, dame de Normandaye et du Plessix en Dourdain.

    Michel de Malenoë fils du précédent épousa vers 1584 Jeanne Gédouin fille du seigneur de la Dobiaye. Il prit une part fort active au mouvement de la ligue et combattit sous les ordres du duc de Mercœur, aussi voit-on son nom figurer parmi ceux des ligueurs du pays de vitré que poursuivirent le parlement de Bretagne en 1589 et le sénéchal de Rennes en 1590.

    Dans le royaume de France, devant le péril protestant et la faiblesse du roi, les catholiques se groupèrent autour de grands seigneurs qui créèrent le Saint Ligue.

    Le double assassinat du duc et du cardinal de Guise aux États de Blois, à la fin décembre 1588, amena le Duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne et cousin du Duc de Guise, à se déclarer ouvertement pour la ligue. L’évêque comte de Dol fut l’un des premiers à s’attacher à la Sainte Union contre le roi. En 1590, Mercœur s’établit un moment à Dol, les ligueurs pillèrent le château de la Mancellière situé à Baguer-Pican. Le pays de Dol fut très éprouvé par cette guerre civile, Montgommery qui commandait à Pontorson, pour le roi, multipliant les sorties jusqu’aux portes de Dol. L’église de Roz sur Couesnon fut " polluée " au cours de ces sorties. Vaincu, Mercœur fera sa soumission au Roi Henri IV le 20 mars 1598.

    Durant ces troubles, le sieur Michel de Malenoë de Saint Christophle des Bois est mentionné dans un arrêt du parlement de Rennes en date du 21 avril 1589, comme étant du parti du Duc de Mercœur, rebelle contre le Roy. La cour déclare que les biens des partisans de Mercœur, accusés de brûlerie, volerie, violences, rançonnement et enlèvements d’hommes, seront hypothéqués. Puis un décret du sénéchal de Rennes du 10 avril 1590, ordonne que les ligueurs seront pris et enfermés aux prisons de Rennes, s’ils ne peuvent être appréhendés où s’ils ne se présentent pour se justifier dans le délai d’un mois, leurs biens seront saisis et vendus.

    Au mois d’avril 1589, une troupe d’hommes appartenant au duc de Mercœur s’emparait du château de Marigné et s’y livrait au pillage, emmenant tous les meubles au château de Fougères.

    Michel de Malenoë dut mourir vers 1600, car en janvier 1599 il vivait encore et le 17 décembre 1600 son fils Pierre faisait hommage au sire de Châtillon en qualité de seigneur de Malenoë. Pierre de Malnoë, seigneur de Malenoë, la Ronce, Combourtillé, le Plessis Saint-Christophle, fut baptisé le 12 septembre 1581 à saint Christophe des Bois, il devint chevalier de l’ordre et gentilhomme du Roi, premier capitaine du régiment de Bretagne levé pour le service du Roy, sous le commandement de M. le prince de Talmont, maître des camps. Il épousa vers 1599 une riche héritière Péronnelle Harpin dame de la châtellenie de la Chesnaye en Parigné et de la seigneurie de Marigny en Saint-Germain en Coglès fille de François Harpin seigneur de Marigné. Ce seigneur mourut le 22 décembre 1636 au Petit Andelys où il commandait la garnison. Il fut inhumé le 2 janvier 1637 dans l’enfeu qu’il avait fait bâtir dans l’église de Saint-Christophe. Sa veuve se retira à Fougères et mourut en cette ville le 15 avril 1642 et fut inhumée en l’église Saint-Léonard.

    Jacques, fils de Pierre ci-dessus avait été baptisé à Saint-Sauveur de Rennes le 15 mars 1600, il s’unit par contrat de mariage du 27 mars 1619 à Eléonore du Bellay, fille de Jacques du Bellay seigneur de la Feuillée au Maine et de Radegonde des Rotours, avec laquelle il vécut toujours en assez mauvaise intelligence. Il en eut un fils Jacques décédé jeune et une fille Suzanne baptisée à Saint-Méloir-des-Bois le 22 août 1622.

    Gilles Des Nos, mari de Suzanne de Malnoë, dame de la Feuillée, était seigneur d’Hémenard. Son mariage clandestin fut revalidé en juillet 1653 par le père Dorothée de Launay, gardien des Capucins de Mayenne.

    Les Malenoë étaient seigneurs de Launay-Morel au début du XVIIème siècle. On rencontre Eléonore du Bellay épouse de Jacques de Malenoë seigneur de Marigny et de Launay-Morel, lors de la cérémonie de baptême d’une nouvelle cloche pour l’église :

    " Le vingt et sixième jour d’aougst 1635 à ésté refondue la grosse cloche de Roz-sur-Couesnon par Clément Le Picard, fils de Clément, de Villedieu ; il a eu pour ses peines et vacations 21 livres 12 sols et a baillé cent cinquante livres de metail à raison de douze souls la livre. Il est escript au haut de la cloche : Malo, Marquis et Comtte de Combour, avec les armes ; et Léonore, dame de Launay-Morel, avec armes, et Mire Jean Duynes, recteur. Lad. cloche fut bénite le 28è dud. Mois ; pour parrain fut présent Me Georges Simon, sieur de Villesnou, représentant mondit seigneur le marquis, et pour marraine honorable femme Perrine Richard, femme de Me Jean Simon, sieur des tourelles, au lieu de mond. dame de Marigné et Launay-Morel et fut lad. cloche nommée Léonor. Lad . cloche fut paiée aud. Fondeur par me Jullien Guillier, scavoir : desz comtes de Jullien Morel et Jullien Bothelin 68 livres, et le comte de Me Michel Rouxel et Jacques Jourdan 42 livres 8 sols, et 12 deniers du recteur. ".

    Ce document nous montre qu'Eléonore du Bellay ne résidait pas à Launay-Morel et s’était faite représenter par Perrine Richard. Le manoir est alors habité par Jacques Flambart époux de Guillemette Simon, demoiselle de la Rue, mariés à Roz sur Couesnon le 17 octobre 1634, fille de Georges Simon sieur de Villesnou et Gilette Ybert. Devenue veuve Guillemette Ybert épousera en secondes noces François Lelou le 16 octobre 1639 à Pleine Fougères. Elle y décèdera le 28 janvier 1648.

    Le 17 juillet 1636 à lieu à Roz-sur-Couesnon le baptême de François Lelou, fils de Georges et Julienne Pincé sa femme demeurant à Launay-Morel. Il eut pour parrain François Bonnard sieur de la Forge et pour marraine Françoise le Taillandier dame de la Rue.

    Jacques de Malenoë fut le dernier représentant mâle de la maison. Comme son père il fut chevalier de l’ordre, gentilhomme de la chambre du Roi et maréchal des camps. Il était de plus, en 1650, lieutenant aux gouvernements de Port Louis, près d’Hennebont, et de Quimper. Il vendit, le 17 janvier 1653, sa seigneurie de Malenoë, la Ronce et Combourtillé à Urbain de Cervon, barons des Arcis, qui les revendit en 1676 à Jacques de Farcy seigneur de Mué et, le 14 octobre 1655, celles de Marigny et de la Chesnaye. Il continua cependant à porter habituellement le nom de Marigny.

    Jacques de Mallenoë, sieur de Marigny, fut lieutenant du roi au Port-Louis de 1644 à 1664. En novembre 1662, il se rend à Quimper avec 100 hommes et deux canons pour chasser le sieur du Pontlo de l’abbaye de Kerlot qui s’oppose à ce que l’abbesse de cette abbaye en prenne possession malgré un arrêt du parlement de Paris ; l’abbesse peut s’installer le 2 décembre.

    Tallement des Réaux a consacré à ce seigneur, qu’il qualifie de " philosophe cynique " une de ses historiettes :

    [ C’est un gentilhomme de Bretagne, qui épousa la sœur de La Feuillée du Bellay, belle fille dont il devint amoureux – Au bout de quelques temps la jalousie le prit avec quelques fondements. Un beau matin, il dit à sa femme : " Vous n’êtes point bonne cavalière ; il faut que vous vous accoutumassiez à aller à cheval – Venez avec moi visiter de nos amis et de nos parents ". Ils montent tous deux à cheval ; alors les carrosses n’étoient pas si communs qu’a cette heure - Il la mène assez loin, et puis lui dit : " Ecoutez mon dessein est d’aller à Rome et de vous y mener. – J’irai partout ou vous voudrez ", répondit-elle. Quand ils furent en Italie, Marigny lui déclare froidement que son intention étoit de la faire mourir. Cette femme, quoiqu’elle n’eut que vingt-deux ans, lui répondit froidement : " J’aime mieux mourir ici qu’en France, et autant dans huit jours que dans cinquante ans ". " Bien, lui dit-il, voyez de quel genre de mort vous voulez mourir " ; Ils furent quelques jours à en parler aussi froidement que si c’eut été simplement pour s’entretenir ; Enfin elle choisit le poison. Il lui en apprête et présente une coupe. Elle le prend délibérément et comme elle alloit l’avaler, il lui retient le bras – " Allez lui dit-il, je vous donne la vie ; Vous méritez de vivre puisque vous avez le courage de mourir si constamment. Désormais, je vais vous donner liberté toute entière ; vous ferez tout ce que vous voudrez de votre côté et moi du mien ". Ils se le promirent réciproquement et revinrent les meilleurs amis de monde ensemble. Ils n’ont eu qu’une fille, qui, voyant qu’ils ne songeoit point à la marier et qu’on la vouloit tenir toute sa vie en religion, en sortit et se maria, à l’âge de trente quatre ans, sans leur consentement. Le gendre, car la coutume de Bretagne rend le mariage d’une fille responsable des dettes de la famille, même contractées depuis, voulut les faire interdire. Ils firent invoquer à Paris sur parentés, et ici, ils gagnèrent leur procès. De peur d’accident, ils vendirent Marigny et Malenoë, dont ils firent cinquante mille écus, toutes dettes payées. Il en donna la moitié à sa femme et garda l’autre pour lui. Il est souvent en Bretagne où il a le gouvernement de Port-Louis. Elle ne fait que jouer à Paris où elle demeure toujours depuis quelques années] .

La famille de Malenoë possédait, en plus des biens acquits par les héritages précédents :

  • à Acigné : la maison de la Gretais au 15ème siècle ;

  • à Billé : les manoirs de la Ronce et de la Rouele vers 1553 ;

  • à Cornillé : le manoir de Haut Combourtillé à Michel de Malenoë en 1513 ;

  • à Domalain : le manoir de la Rabaudière vers 1561 ;

  • à Dourdain : le manoir du Plessis Dourdain en 1567 ;

  • à Fleurigné : le manoir de Culais qui fut vendu en 1602 à Julienne du Chastellier veuve de Bertrand Du Guesclin seigneur de la Roberie ;

  • à Fougères : le manoir de Bonabry acheté au début du 16ème siècle vendu en 1602 à Julienne du Chastellier ; le manoir de la Chesnardière qui était aux Harpin seigneurs de Marigné et en 1607 aux Malenoë, vendu par ceux-ci en 1635 aux Courtais seigneurs de Racinoux ;

  • à Louvigné du Désert : le château de Villevran en 1404 ; le manoir de la Galaiserie vers 1600, qui le vendirent en 1617 aux Pelet sieurs de la Cadoraye ;

  • à Mécé les Bois : le manoir de la petite Malenoë en 1513 ;

  • à Montreuil des Landes : le manoir de la Motte en 1513, qui resta jusqu’en 1789 entre les mains des seigneurs de Malenoë ;

  • à Saint-Germain en Coglès : la seigneurie de Marigny, le seigneurie du Bas-Chastellier qu’ils vendirent en 1586 aux Becdelièvre seigneurs du Bouëxic ;

  • à Parigné : le manoir de la Chesnaye au début du 17ème siècle.

  • à Villamée : les manoirs du Haut-Coudray et du Bas-Coudray en 1623 qu’ils vendirent en 1652 aux Gaucher seigneurs du Verger ;

    L’église de Saint-Christophe des Bois était entourée d’une litre aux armes des seigneurs de Malenoë, le chœur renfermait un caveau voûté qui était l’enfeu des seigneurs de Malenoë et une tombe en marbre appartenant aux même seigneurs.

    A Saint-Germain en Coglès, dans l’église, on voyait l’enfeu des seigneurs de Marigny, renfermant la pierre tombale à l’effigie de Pierre Harpin seigneur de Marigny mort en 1544 et celle de Thomasse de Malenoë, fille de Pierre de Malenoë et de Perronelle Harpin.

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